MaPrimeRénov' 2026, pour un artisan, se résume à une phrase : depuis le 1er septembre 2026, le parcours « par geste » ne finance plus que les pompes à chaleur air/eau et géothermiques, le raccordement à un réseau de chaleur, la dépose de cuve à fioul et l'audit énergétique. L'isolation, la ventilation mécanique contrôlée, les chaudières et poêles à granulés, les chauffe-eau thermodynamiques et le solaire thermique en sont exclus (arrêté du 25 août 2026 modifiant l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, Journal officiel du 27 août 2026). Pour un plombier-chauffagiste, c'est un afflux de demandes à venir. Pour un isolateur, c'est un marché subventionné qui se referme. Dans les deux cas, le contrat d'assurance de l'entreprise doit suivre : une activité qui grossit ou qui change se déclare à l'assureur avant le premier chantier.
Cet article résume ce qui change, qui gagne et qui perd, et les quatre vérifications d'assurance à faire avant de se positionner sur la pompe à chaleur.
À retenir
- Depuis le 1er septembre 2026, le parcours par geste ne finance plus que cinq opérations : pompe à chaleur air/eau, pompe à chaleur géothermique ou solarothermique, raccordement à un réseau de chaleur, dépose de cuve à fioul et audit énergétique (arrêté du 25 août 2026, JO du 27 août 2026). Les pompes à chaleur air/air et hybrides n'en font pas partie.
- Isolation, VMC, granulés, chauffe-eau thermodynamique et solaire thermique sortent de ce parcours ; ces travaux restent possibles dans le cadre d'une rénovation d'ampleur, qui obéit à des règles distinctes.
- Le budget 2026 est maintenu : 3,6 milliards d'euros pour MaPrimeRénov' (Guide des aides financières de l'ANAH, édition septembre 2026).
- La qualification RGE est la clé d'accès : sans entreprise qualifiée, le client ne touche pas l'aide.
- Le marché se contracte : selon la Fédération française du bâtiment (conférence de presse du 15 septembre 2026), l'entretien-amélioration recule de 3,3 % entre les deuxièmes trimestres 2025 et 2026, et la rénovation énergétique de 4,3 %. Les aides se concentrent, les chantiers aussi.
Qu'est-ce qui change concrètement depuis le 1er septembre 2026 ?
Ce qui change : l'isolation, la VMC et les chauffages à granulés sont exclus du parcours par geste de MaPrimeRénov' depuis le 1er septembre 2026, qui ne subventionne plus, à l'acte, que les pompes à chaleur air/eau et géothermiques, le raccordement à un réseau de chaleur, la dépose de cuve à fioul et l'audit énergétique.
Pour comprendre la portée de la mesure, deux définitions. MaPrimeRénov' est l'aide de l'État à la rénovation énergétique, gérée par l'Agence nationale de l'habitat (ANAH). Elle repose sur deux parcours : le parcours par geste finance une opération isolée ; le parcours rénovation d'ampleur finance un bouquet de travaux coordonnés, avec audit énergétique et Mon Accompagnateur Rénov'.
L'arrêté du 25 août 2026 modifie le premier. Depuis le 1er septembre, pour les demandes déposées à partir de cette date :
| Type de travaux | Parcours par geste | Rénovation d'ampleur |
|---|---|---|
| Pompe à chaleur air/eau, géothermique ou solarothermique | Éligible | Éligible dans le bouquet |
| Pompe à chaleur air/air ou hybride | Non éligible | Selon les règles du bouquet |
| Raccordement à un réseau de chaleur, dépose de cuve à fioul, audit énergétique | Éligibles | — |
| Isolation (combles, murs, planchers, menuiseries) | Non éligible | Possible dans le bouquet |
| Ventilation mécanique contrôlée | Non éligible | Possible dans le bouquet |
| Chaudière ou poêle à granulés, chauffe-eau thermodynamique, solaire thermique | Non éligible | Possible dans le bouquet |
Les conditions du parcours rénovation d'ampleur ne sont pas détaillées ici : elles relèvent de l'ANAH et de l'accompagnateur du client. Pour l'artisan, la conséquence pratique est simple. Un propriétaire qui veut une aide pour un seul geste de chauffage ne peut plus la demander que pour une pompe à chaleur air/eau ou géothermique, posée par une entreprise RGE, « Reconnu garant de l'environnement », qualifiée pour cette activité (éco-conditionnalité des aides, décret du 16 juillet 2014).
Quels artisans sont gagnants, lesquels sont fragilisés ?
En une phrase : les installateurs de pompes à chaleur qualifiés RGE gagnent le monopole de fait du parcours par geste, tandis que les isolateurs, installateurs de VMC et poseurs de chaudières à granulés perdent les chantiers subventionnés à l'acte.
Les plombiers-chauffagistes qualifiés RGE QualiPAC deviennent le point de passage obligé du parcours par geste. La demande devrait se concentrer sur eux, à condition que leur qualification soit à jour et visible dans leurs devis.
Les isolateurs, installateurs de VMC et poseurs de chaudières à granulés perdent l'accès aux chantiers subventionnés à l'acte. Il leur reste la clientèle non aidée, les bailleurs et marchands de biens, et les bouquets de rénovation d'ampleur, où ils interviennent en sous-traitance ou en cotraitance.
Trois stratégies se dessinent pour les métiers fragilisés :
- Rester sur son métier et viser les chantiers sans aide ou les rénovations d'ampleur.
- Se diversifier vers la pompe à chaleur, ce qui suppose une qualification, une organisation et une assurance adaptées.
- S'associer à un chauffagiste pour proposer des offres combinées isolation et chauffage dans les bouquets.
Aucune de ces options n'est neutre pour l'assurance : la deuxième et la troisième modifient la nature des travaux déclarés à l'assureur.
Installateur de PAC RGE : pourquoi relire votre décennale quand l'activité augmente ?
Parce que la décennale d'un installateur de pompes à chaleur repose sur deux déclarations qui changent avec l'activité : les activités exercées et le chiffre d'affaires réalisé. Quand l'une ou l'autre évolue, le contrat d'assurance décennale et la responsabilité civile professionnelle doivent évoluer avec elle. Et si c'est votre assureur qui change la donne en quittant le marché, lisez que faire quand votre assureur décennale se retire.
Une activité non déclarée n'est pas garantie
Si la pose de pompes à chaleur n'apparaît pas dans les activités déclarées, un sinistre sur ce type de chantier peut ne pas être pris en charge. La déclaration doit précéder le premier chantier, par écrit, avec confirmation de l'assureur. Les garanties, activités couvertes, conditions, franchises et exclusions dépendent du contrat et de l'assureur retenu.
Un chiffre d'affaires sous-déclaré fragilise l'indemnisation
La prime est calculée sur le chiffre d'affaires déclaré. Un écart important entre la déclaration et la réalité expose l'entreprise à une réduction proportionnelle de l'indemnité en cas de sinistre (article L.113-9 du Code des assurances). Une montée en puissance sur la PAC se signale donc à l'assureur dès qu'elle est prévisible, pas à la clôture de l'exercice.
La qualification juridique dépend de l'équipement et de sa pose
Dans une construction neuve, ou lorsque l'installation constitue en elle-même un ouvrage, la responsabilité de l'installateur relève de la garantie décennale (article 1792 du Code civil) ou, pour les éléments d'équipement dissociables, de la garantie de bon fonctionnement de deux ans (article 1792-3).
En rénovation, la règle a changé. Depuis un arrêt de la Cour de cassation du 21 mars 2024 (3e chambre civile, n° 22-18.694), un équipement installé en remplacement ou en ajout sur un bâtiment existant, s'il ne constitue pas un ouvrage, ne relève ni de la décennale ni de la garantie de bon fonctionnement, mais de la responsabilité contractuelle de droit commun, qui n'entre pas dans l'assurance obligatoire. Concrètement, une pompe à chaleur posée à la place d'une chaudière dans une maison existante peut échapper à la décennale : le sinistre se règle alors sur la responsabilité civile professionnelle de l'installateur, à condition qu'elle couvre les dommages après travaux sur ce type d'équipement. Faites vérifier ce point précis par votre conseiller, contrat en main.
Les risques annexes changent
La pose d'une PAC fait intervenir l'électricité, les fluides frigorigènes, la manutention d'unités lourdes et des interventions en toiture ou en façade. La responsabilité civile professionnelle doit couvrir ces risques, qui ne sont pas ceux de l'isolation.
Artisan isolation : comment se diversifier vers la pompe à chaleur ?
Un isolateur se diversifie vers la pompe à chaleur en quatre étapes : obtenir la qualification RGE QualiPAC, déclarer la nouvelle activité à son assureur avant le premier chantier, faire relire sa responsabilité civile professionnelle, puis mettre à jour ses attestations.
- Obtenir la qualification RGE pour la pompe à chaleur. QualiPAC, délivrée par Qualit'EnR, est la qualification de référence pour les PAC ; elle s'obtient après formation et audit de chantier. Renseignez-vous auprès de votre organisation professionnelle, CAPEB ou FFB, sur le parcours et les délais.
- Déclarer la nouvelle activité à votre assureur avant le premier chantier. Joignez la qualification obtenue et une estimation du chiffre d'affaires attendu. Attendez la confirmation écrite de la couverture.
- Faire relire la responsabilité civile professionnelle. Vérifiez que les risques électriques, frigorifiques et de manutention sont couverts.
- Mettre à jour vos attestations. Vos clients MaPrimeRénov' et leurs accompagnateurs demanderont une attestation d'assurance mentionnant l'activité pompe à chaleur. L'attestation se joint aux devis et factures (article L.243-2 du Code des assurances).
Un point souvent oublié : le délai. Entre la formation, l'audit de qualification et la mise à jour du contrat, plusieurs semaines s'écoulent. Les artisans qui engagent la démarche à l'automne 2026 seront prêts pour la saison de chauffe suivante, pas pour celle-ci.
Quel accompagnement attendre d'un courtier ?
Un courtier ne délivre pas la qualification RGE et ne remplace pas l'assureur. Son rôle est de traduire un changement d'activité en couverture adaptée. Chez Calipso Assurances, l'accompagnement d'un artisan qui évolue vers la pompe à chaleur comprend la cartographie des activités réellement exercées et à venir, la vérification des déclarations de chiffre d'affaires, la relecture de la décennale et de la responsabilité civile professionnelle au regard des nouveaux risques, et la recherche d'une solution adaptée à votre activité, votre profil et vos besoins auprès de nos partenaires assureurs.
Les échanges se font à distance, par formulaire, courriel ou téléphone, avec une réponse sous 24h ouvrées à réception d'un dossier complet. Nous ne garantissons ni l'acceptation du dossier ni un niveau de prime : chaque assureur décide selon ses critères.
Pour aller plus loin : notre page assurance décennale adaptée à votre métier, la RC professionnelle des artisans et notre guide de l'assurance décennale.
Questions fréquentes
Un installateur RGE QualiPAC doit-il avoir une assurance décennale ?
Oui : l'assurance décennale est obligatoire dès que les travaux peuvent engager la responsabilité décennale, en construction neuve ou quand l'installation constitue un ouvrage (articles 1792 du Code civil et L.241-1 du Code des assurances). La qualification QualiPAC ne dispense d'aucune assurance. En rénovation, depuis l'arrêt du 21 mars 2024, le remplacement d'un équipement peut relever du droit commun : la responsabilité civile professionnelle doit alors couvrir les dommages après travaux.
L'isolation est-elle exclue de MaPrimeRénov' depuis septembre 2026 ?
Oui, du parcours par geste : depuis le 1er septembre 2026, aucun geste d'isolation n'est plus financé isolément. L'isolation reste possible dans une rénovation d'ampleur, qui combine plusieurs travaux avec un audit énergétique et un accompagnateur, selon les conditions fixées par l'ANAH.
Faut-il être RGE QualiPAC pour que mon client touche MaPrimeRénov' ?
Oui : pour une pompe à chaleur en parcours par geste, l'aide est conditionnée à l'intervention d'une entreprise qualifiée RGE pour l'activité concernée, QualiPAC pour les pompes à chaleur. Sans cette qualification, le dossier du client n'est pas recevable.
Je passe de l'isolation à la PAC : dois-je prévenir mon assureur ?
Oui, avant le premier chantier. Une activité absente du contrat n'est pas garantie, même si elle reste marginale dans votre chiffre d'affaires. La déclaration se fait par écrit et donne lieu à une confirmation de l'assureur, parfois à un avenant.
Mon chiffre d'affaires augmente avec la PAC : que risque-t-on sans mise à jour du contrat ?
Une sous-déclaration du chiffre d'affaires peut entraîner une réduction proportionnelle de l'indemnité en cas de sinistre (article L.113-9 du Code des assurances), et une activité non déclarée peut ne pas être couverte du tout. Signalez la hausse dès qu'elle est prévisible.
Les aides vont-elles encore changer ?
Le budget 2026 de MaPrimeRénov' est maintenu à 3,6 milliards d'euros (ANAH, septembre 2026), mais les règles d'éligibilité ont été modifiées plusieurs fois ces dernières années. Avant d'engager une formation ou un investissement, vérifiez les conditions en vigueur auprès de l'ANAH ou de France Rénov'.
Votre activité évolue ? Faites étudier votre couverture
Que vous lanciez la pompe à chaleur, que vous perdiez des chantiers subventionnés en isolation ou que votre chiffre d'affaires change de dimension, votre décennale et votre responsabilité civile professionnelle doivent être relues avant le prochain chantier. Calipso Assurances recherche auprès de ses partenaires une solution adaptée à votre activité, votre profil et vos besoins, sans engagement de votre part.
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Article rédigé à partir des textes en vigueur au 2 octobre 2026 : arrêté du 25 août 2026, Guide des aides financières de l'ANAH (septembre 2026), conférence de presse de la FFB du 15 septembre 2026, Code civil et Code des assurances, Cass. 3e civ. 21 mars 2024.